Djimet Seli

Djimet Seli: Mobilité et communication  des populations Hadjeray

 

Travaillant sur la mobilité et les relations sociales des populations Hadjeray du Tchad à travers la communication, nous avons été amené à effectuer des recherches tant dans la région d’origine que dans les régions du Lac-Tchad et du Chari-Baguirmi et dans le nord du Cameroun où sont implantées des fortes colonies. Les relations sociales qui existent entre les communautés et les diasporas Hadjeray et leur base nous ont conduits à chercher de supports de communication tant ancien que nouveau qui peuvent illustrer si besoin il en est, de l’existence de ces relations. Au nombre des matériel trouvés et qui peuvent témoigner d’une part de l’existence des communautés Hadjeray en dehors de la région d’origine et de la communication entre ces entités et d’autre part de la dynamique évolutive des moyens de communication, figurent ces deux images. En effet, la première de ces deux images, est une correspondance et la seconde est une assemblée de la communauté Hadjeray réunie sous l’arbre à palabres, attendant avec impatience une décision pouvant venir de N’Djamena par téléphone, qui pour l’occasion est suspendu au tronc d’arbre. Ces deux images sont prises dans la communauté Hadjeray de la région du Lac-Tchad. Du point de vue de leur forme et de leur fonds, elles témoignent à elles seules la mobilité, les relations sociales à travers la communication et l’évolution des moyens de communication. La région du Guéra à l’image du Tchad et comme d’autres pays sahéliens, a été coup sur coup victime des crises écologiques, politiques et sociales. La mobilité est apparue comme l’un des moyens de la gestion de ces crises. Ainsi, au terme de cette mobilité, il s’est constitué des communautés Hadjeray dans différentes autres régions du Tchad. Ces deux images, surtout la première est l’illustration de l’existence des nombreuses communautés Hadjeray à travers le Tchad. Au delà de la mobilité, ces deux images témoignent des relations ou des réseaux sociaux qui existent entre les différentes communautés comme le relève à juste titre, le contenu de la première image qui est une correspondance entre la ‘communauté motrice’ basée à N’Djamena, la capitale et les autres communautés vivant dans d’autres régions du Tchad. Aussi, à travers le contenu de cette correspondance, il convient de constater que ces communautés hadjeray établies en dehors de leur région d’origine, ont importé avec eux leur habitus (Bourdieu 1986: 40), c’est-à-dire leur mode de vie de leur région d’origine. Cet habitus à consiste à cultiver la solidarité, l’entraide à travers la constitution d’un fonds spécial pour parer à l’imprévue et aussi et surtout le maintien des rapports hiérarchiques.

Outre la mobilité et les relations sociales dont elles font montre, ces deux images évoquent les moyens de communication qui permettent les contacts entre ces différentes communautés et leurs cousins du village. Enfin le dernier aspect et non de moindre, est l’évolution des moyens de communication que ces deux images nous évoquent. A travers la première image qui est une correspondance datée de 1995, on peut comprendre que, jusqu’à cette date, une partie de communication se faisaient par voie de correspondance épistolaire. La dernière image qui date de 2009, quant à elle, montre le passage de la communication par voie de correspondance épistolaire à celle de communication par la téléphonie mobile. La même communauté qui hier se faisait informée par la voie lettre, se fait informer aujourd’hui par la voie de téléphone.

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